31 Août, 2005

August 31, 2005

31 Out, 2005
Vol. 23 No. 25

Les leaders politiques comme Evans Paul du KID (à gauche), Luc Mésadieu (au centre) du Mochrenah, Osner Févry de l’une des ramifications du PDCH, qui contestaient le deuxième calendrier soumis à l’examen des formations politiques n’ont même pas eu le temps de présenter leur proposition d’organisation en une seule séquence, quand un troisième calendrier, controversé à la base, a été rendu public.
Les membres du Conseil électoral provisoire (CEP) ont encore manifesté le 26 août leur désaccord sur l’adoption d’un calendrier électoral définitif, après que Rosemond Pradel, le secrétaire général eut annoncé, de son côté, de nouvelles dates. La veille, à l’occasion de l’installation des membres du Bureau électoral du Sud-Est (BED), Pradel avait affirmé que le premier tour des législatives et de la présidentielle est désormais fixé au 20 novembre et le second tour au 3 janvier 2006, tandis que, les élections municipales et locales auraient lieu le 22 janvier.

«Ce calendrier électoral n’est pas celui du Conseil électoral provisoire, car, j’étais au Conseil jeudi après-midi. Je m’y trouvais jusqu’à six heures mercredi soir et tous les membres du CEP, y compris M. Pradel, sont partis en ma présence et aucun calendrier n’a été communiqué», s’est empressé de réagir le responsable des opérations électorales Patrick Féquière. Le trésorier du CEP, qui en a profité pour annoncer que seulement près de deux millions de personnes se sont inscrites, sur les 4,5 millions prévus, a signalé que les dates avancées par son collègue Pradel proviennent d’un ancien calendrier soumis en début de semaine aux partis politiques. «Je ne suis pas au courant de ce scénario… Comment le CEP pourrait-il sortir un calendrier qui ne tient pas compte des suggestions des partis politiques ni du projet de calendrier publié la semaine dernière, s’est-il demandé. Les allégations de Pradel n’engagent que lui.»

Même son de cloche du côté du président du CEP, Max Mathurin, qui a soutenu qu’aucun calendrier n’a été pour l’instant adopté. Cependant, le calendrier électoral contesté par les conseillers électoraux et les principaux organisateurs 24 heures plus tard, est le troisième en date. Un premier calendrier «remanié», puis un deuxième récemment soumis aux partis politiques le 22 août fixaient la date des élections des collectivités territoriales au 13 novembre suivies par la publication des résultats le 15 novembre ; les deux tours des législatives et de la présidentielle au 27 novembre 2005 et au 8 janvier 2006 suivis par la publication des résultats le 11 janvier. Les leaders politiques comme Evans Paul du KID, Luc Mésadieu du Mochrenah, Osner Févry de l’une des ramifications du PDCH et l’opportuniste de Fanmi Lavalas Louis Gérald Gilles, qui contestaient le deuxième calendrier soumis à l’examen des formations politiques n’ont même pas eu le temps de présenter leur proposition d’organisation en une seule séquence, quand un troisième calendrier, controversé à la base, a été rendu public. Il est évident qu’avec tous les remous provoqués au CEP par ce troisième calendrier électoral, on aura peut-être droit à un quatrième, un cinquième, et ainsi de suite…

Mais le secrétaire général Rosemond Pradel ne semble pas s’en faire, et fait cavalier seul, comme pour signifier que le CEP ne sera pas responsable si le 15 septembre, autre date limite pour la fermeture des registres électoraux, les 4,5 millions d’électeurs prévus dans le décret électoral n’ont pas été enregistrés. Rosemond Pradel, qui a estimé avoir tout fait pour faciliter l’inscription des électeurs face à leur manque d’enthousiasme, a par ailleurs dit regretter que ses collègues aient réagi de cette manière sur ce troisième calendrier, étant donné qu’il y a eu cinq séances de discussion sur cette affaire. «Je me suis assis dans cinq séances où il y a eu parfois 6 ou 7 conseillers. Nous avons simulé au moins trois dates pour le premier tour des élections. Nous avons simulé le 6 novembre, le 13 novembre, le 20 novembre» a-t-il déclaré.

Quant à la livraison des cartes d’identification nationale (CIN) qui tarde alors que le lancement des opérations d’inscriptions a eu lieu il y a quatre mois aux Gonaïves, le 25 avril dernier, Rosemond Pradel soutient que «tant que les empreintes ne sont pas analysées, c’est-à-dire, tant que la liste ne sera pas épurée, on est dans l’impossibilité de fabriquer les cartes d’identification nationale». En ce qui concerne les divers citoyens de la Gonâve, qui sont dans l’impossibilité de s’inscrire, compte tenu que les machines électroniques des quelques rares centres d’enregistrement rejettent leurs empreintes, sous prétexte que «leurs doigts sont gâtés», Pradel s’est contenté de déclarer que ce qui importe pour le CEP, c’est d’aider les Haïtiens de la ville et des milieux ruraux à «bénéficier d’une pièce d’identité». Si tel est bien l’objectif poursuivi par le CEP, la carte d’identification nationale (CIN) n’a donc pas sa raison d’être, car bon nombre de citoyens détiennent déjà leurs cartes d’identité fiscale. Mais Pradel dit peut-être vrai, car tout le reste ne sert à rien puisqu’entre eux ils n’arrivent même pas à s’entendre sur un calendrier. L’important, c’est la carte piégée, après on verra comment resserrer le piège!