26 Mai, 2006

May 26, 2006

26 Me, 2006
Vol. 23 No. 11
Jacques Edouard Alexis
Un choix consensuel?

«J'ai fait choix de Jacques Edouard Alexis comme Premier ministre sur la base de sa compétence, son honnêteté, sa vision, sa capacité à travailler avec tous les secteurs de la société»

Le président de la République, René Préval, a mis fin aux rumeurs qui circulaient depuis quelques jours en désignant officiellement le 20 mai son Premier ministre; en la personne de l'agronome Jacques Edouard Alexis, ancien ministre de l'Education nationale et ex-Premier ministre durant son premier mandat (1996-2001).

«J'ai fait choix de Jacques Edouard Alexis comme Premier ministre sur la base de sa compétence, son honnêteté, sa vision, sa capacité à travailler avec tous les secteurs de la société», a déclaré le président Préval pour expliquer le choix de son proche collaborateur durant la campagne de sa Plate-forme politique Lespwa. Ce qui est loin d’être un choix arbitraire, comme il l’expliquait après sa  visite au Parlement le lundi 22 mai: «La Constitution précise clairement que lorsqu’un parti détient la majorité au parlement, le Premier ministre provient dudit parti. Les résultats de ces élections n'ont pas donné de majorité au Parlement. Et la Constitution prévoit que lorsque ce cas se présente, le président de la République entre en consultation avec le président du Sénat et celui de la Chambre des députés pour désigner le Premier ministre. Nous avons fait plus que cela. Nous avons consulté plusieurs secteurs, les partis politiques, les organisations patronales, les organisations populaires, pour discuter de la formation du gouvernement. C'est par suite de ces discussions que nous avons choisi le Premier ministre dont la nomination devrait être ratifiée par le Parlement.»

            Pour faire suite, une note de la Présidence en date du 22 mai convoque les parlementaires en session extraordinaire pour le mercredi 24 mai, pour entamer le processus de ratification du Premier ministre désigné Jacques Edouard Alexis, qui devra convaincre la Chambre des députés où le regroupement Lespwa ne possède pas la majorité, alors que la situation paraît beaucoup plus aisée au Sénat avec les 11 sénateurs de Lespwa et les alliances déjà conclues avec d’autres partis. «Pour le moment, et constitutionnellement, les députés sont en vacance; par conséquent, conformément à la Constitution, j'ai convoqué le Corps législatif  à l'extraordinaire pour la ratification de Jacques Edouard Alexis comme Premier ministre et la ratification de sa déclaration de politique générale», a précisé le président Préval.

            Pour sa part, le président du Sénat, le sénateur du Sud-Est Joseph Lambert, qui a confirmé la désignation au poste de Premier ministre de Jacques Edouard Alexis, a annoncé le 22 mai qu'une commission bicamérale a été mise sur pied pour l’étude du dossier. «Une fois que le Premier ministre répond à tous les critères d'éligibilité, et qu'il n'y a aucun problème, la commission produira un rapport pour recommander sa ratification», a déclaré Lambert,  qui en a profité pour s’épancher en ces termes: «D'ailleurs, Jacques Edouard Alexis est issu de la plate-forme politique à travers laquelle j'ai été élu …J'estime que en tant que mon ancien professeur à la Faculté d'agronomie, que c'est un monsieur compétent. J'estime qu'en ce qui a trait aux critères constitutionnels pour choisir un Premier ministre, il est qualifié.» On ne sait trop s’il en dirait autant de tous ses professeurs à la Faculté, et que Alexis n’est pas seulement compétent parce qu’il a enseigné à Lambert!

            Plusieurs parlementaires issus de différents partis représentés au Parlement ont ouvertement exprimé leur soutien à la personne de Jacques Edouard Alexis. Mais ce n’est qu’un début, car il reste encore à Alexis à présenter sa «politique générale», et c’est alors qu’on verra s’il est vrai que la «communauté internationale» ne s’immiscera pas dans un sens ou dans l’autre. D’autant plus que, comme on l’a vu lors de la visite du Président Préval à Ottawa, le 1er mai dernier, le gouvernement conservateur avait carrément manifesté sa volonté de ne pas voir certaines personnes faire partie du gouvernement en leur refusant le visa d’entrée au Canada, parmi lesquelles Jacques Édouard Alexis.