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«J'ai fait choix de Jacques Edouard Alexis comme Premier ministre sur la base de sa compétence, son honnêteté, sa vision, sa capacité à travailler avec tous les secteurs de la société»
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Le président de la République, René Préval, a
mis fin aux rumeurs qui circulaient depuis quelques jours en désignant
officiellement le 20 mai son Premier ministre; en la personne de l'agronome
Jacques Edouard Alexis, ancien ministre de l'Education nationale et ex-Premier
ministre durant son premier mandat (1996-2001).
«J'ai fait choix de Jacques Edouard Alexis comme Premier ministre sur la
base de sa compétence, son honnêteté, sa vision, sa capacité à travailler avec
tous les secteurs de la société», a déclaré le président Préval pour expliquer le choix de son proche
collaborateur durant la campagne de sa Plate-forme politique Lespwa. Ce qui est loin d’être un choix arbitraire, comme
il l’expliquait après sa visite au
Parlement le lundi 22 mai: «La
Constitution précise clairement que lorsqu’un parti détient la majorité au
parlement, le Premier ministre provient dudit parti. Les résultats de ces
élections n'ont pas donné de majorité au Parlement. Et la Constitution prévoit
que lorsque ce cas se présente, le président de la République entre en
consultation avec le président du Sénat et celui de la Chambre des députés pour
désigner le Premier ministre. Nous avons fait plus que cela. Nous avons
consulté plusieurs secteurs, les partis politiques, les organisations
patronales, les organisations populaires, pour discuter de la formation du
gouvernement. C'est par suite de ces discussions que nous avons choisi le
Premier ministre dont la nomination devrait être ratifiée par le Parlement.»
Pour
faire suite, une note de la Présidence en date du 22 mai convoque les
parlementaires en session extraordinaire pour le mercredi 24 mai, pour entamer
le processus de ratification du Premier ministre désigné Jacques Edouard Alexis,
qui devra convaincre la Chambre des députés où le regroupement Lespwa ne
possède pas la majorité, alors que la situation paraît beaucoup plus aisée au
Sénat avec les 11 sénateurs de Lespwa et les
alliances déjà conclues avec d’autres partis. «Pour le moment, et constitutionnellement, les députés sont en vacance;
par conséquent, conformément à la Constitution, j'ai convoqué le Corps
législatif à l'extraordinaire pour la
ratification de Jacques Edouard Alexis comme Premier ministre et la
ratification de sa déclaration de politique générale», a précisé le président Préval.
Pour
sa part, le président du Sénat, le sénateur du Sud-Est
Joseph Lambert, qui a confirmé la désignation au poste de Premier ministre de
Jacques Edouard Alexis, a annoncé le 22 mai qu'une commission bicamérale a été
mise sur pied pour l’étude du dossier. «Une
fois que le Premier ministre répond à tous les critères d'éligibilité, et qu'il
n'y a aucun problème, la commission produira un rapport pour recommander sa
ratification», a déclaré
Lambert, qui en a profité pour
s’épancher en ces termes: «D'ailleurs,
Jacques Edouard Alexis est issu de la plate-forme politique à travers laquelle
j'ai été élu …J'estime que en tant que mon ancien professeur à la Faculté
d'agronomie, que c'est un monsieur compétent. J'estime qu'en ce qui a trait aux
critères constitutionnels pour choisir un Premier ministre, il est qualifié.» On ne sait trop s’il en dirait autant de
tous ses professeurs à la Faculté, et que Alexis n’est pas seulement compétent
parce qu’il a enseigné à Lambert!
Plusieurs
parlementaires issus de différents partis représentés au Parlement ont
ouvertement exprimé leur soutien à la personne de Jacques Edouard Alexis. Mais
ce n’est qu’un début, car il reste encore à Alexis à présenter sa «politique
générale», et c’est alors qu’on verra s’il est vrai que la «communauté
internationale» ne s’immiscera pas dans un sens ou dans l’autre. D’autant plus
que, comme on l’a vu lors de la visite du Président Préval à Ottawa, le 1er
mai dernier, le gouvernement conservateur avait carrément manifesté sa volonté
de ne pas voir certaines personnes faire partie du gouvernement en leur
refusant le visa d’entrée au Canada, parmi lesquelles Jacques Édouard Alexis.
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