Elections: Remous chez les politiciens

Elections: Remous chez les politiciens

Quelques jours après le séisme du 12 janvier 2010, le président René Préval rassurait certains politiciens en disant qu’il remettra le pouvoir à la fin de son mandat le 7 février 2011. Il avait aussi dit que les élections législatives prévues ne pouvaient avoir lieu dans ces circonstances. Le Conseil Electoral Provisoire (CEP) avait aussi abondé dans le même sens, parce que l’organisme avait subi beaucoup de pertes en vies humaines et aussi en matériels. Mais, si le chef de l’Etat avait dit qu’il remettra le pouvoir, cela indiquait qu’il y aura des élections !
    Récemment, René Préval a demandé au CEP d’élaborer un nouveau calendrier électoral. Il n’a pas donné plus de détails. On ne sait pas exactement ce qu’il a en tête. Est-ce qu’il parlait seulement des législatives annulées. Ou bien d’élections générales à la fin de l’année. Le Parti Populaire National (PPN) par la voix de son Secrétaire général Benjamin Dupuy a proposé qu’il y ait « des élections générales en décembre 2010. Présidentielles, législatives ainsi que les collectivités territoriales. » En effet, cela nous épargnera, vu les circonstances actuelles, plusieurs élections qui coûteront beaucoup d’argent. On ne sait pas non plus si le chef de l’Etat tient toujours à amender la Constitution. Si oui, alors il y aura des élections législatives. Mais, ce sera une grave erreur qui provoquera une crise politique ajoutée à la crise économique et sociale amplifiée par le tremblement de terre du 12 janvier.
    Mais, certains politiciens ne voient pas d’un bon œil des élections organisées par René Préval. Le regroupement Alternative pour le progrès et la démocratie, dont fait partie la Fusion, l’OPL et le KID, à travers l’un de ses dirigeants Victor Benoit « s’est dit surpris d’entendre le chef de l’Etat parler d’élections…..la population ne s’est pas encore remise du traumatisme provoqué par le séisme. » (AHP, 24 février) M Benoit a aussi fait savoir que ce CEP est décrié. Donc, il ne pourrait organiser des élections crédibles. Alors, que veulent ces partis politiques ? A un certain moment, certains politiciens proposaient que le président remette le pouvoir au vice président de la Cour de Cassation afin que celui-ci organise les élections. N’est-ce pas violer la Constitution ? Mais, cela ne les dérange pas. A ce que l’on sache, le président n’est pas empêché. Il est légitime jusqu’au 7 février 2011. A moins que ces politiciens aient en tête d’autres plans pour qu’il soit empêché. Qui sait ? Ils ne seront pas à leur coup d’essai !
    De toute façon, des élections générales s’imposent à la fin de l’année. Avec, ou sans, replâtrage de ce CEP. Les partis et les indépendants qui avaient versé les 100.000 et 50,000 gourdes pour inscrire, respectivement sénateurs et députés, leurs candidats, n’auront plus à payer. Et, il faudrait que toute la population y participe sans qu’on ait besoin de carte d’identification nationale. Les observateurs nationaux et internationaux ainsi que les personnes faisant partie des bureaux de vote auront la tâche de s’assurer que les enfants ne votent pas. Car, si l’on demande que les gens se munissent de leur carte d’identification nationale, on ouvre une grande porte à toutes sortes de magouilles. On risque d’assister au vote de milliers de morts ! Il ne faudrait pas aussi qu’on pénalise plus d’un million de gens qui ont perdu leur carte d’identification. D’ailleurs, nous ne sommes pas sûrs que les registres électoraux existent. En parlant de calendrier électoral, les officiels ne doivent pas refaire les mêmes erreurs ou les mêmes manœuvres déloyales, si ces dernières avaient eu lieu. Comme par exemple, fixer un calendrier sur mesure sans l’aval des partis politiques. Rappelons que cela avait bénéficié largement l’INITE, le mouvement du Président Préval, face aux autres partis qui n’avaient pas le temps matériel de trouver des fonds pour inscrire leurs candidats et organiser leur campagne. Le CEP et le président René Préval doivent à la population des explications telle que : de quelles élections parle t’on, partielles ou générales ? Le calendrier électoral, ne devrait-il pas être soumis à tous les partis, groupements, regroupements et indépendants, en fixant un délai, afin qu’ils se prononcent la dessus ? Le Chef de l’Etat à intérêt à ce que tout se passe dans la transparence, tout en tenant compte des propositions des partis pour la bonne marche des élections. L’énergie (la frustration) emmagasinée au sein de la population, surtout après le séisme du 12 janvier qui a eu des répercutions énormes sur elle, se libèrera. Et comme pour le tremblement de terre on ne pourra prévoir sa magnitude. De plus, ce serait laissé aux éternels anciens et nouveaux colons une porte grande ouverte, un prétexte pour exécuter et finaliser leur plan de mise sous tutelle totale.

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