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du 15/02/2012 au 21/02/2012
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Coopération: quelle est la meilleure pour Haïti?

Comme nous le disions dans notre précédente édition, (Haïti Progrès vol 29# 36) le président de la républiqueMichel Joseph Martelly et sa délégation composéede parlementaires, de ministres et desecrétaires d’Etat était en tournée en AmériqueLatine et les Caraïbes. Le Premier ministreGarry Conille accompagné par le présidentdu Sénat, Dieuseul Simon Desras, leprésident de la commission des Affairesétrangères de la Chambre basse Guy GérardGeorges, de Richard Morse représentant duchef de l’Etat etc. étaient eux à Washington.Comme on le sait, d’une part, le présidentMartelly était à Caracas et assistait au 11èmeSommet de l’Alliance Bolivarienne pour lesAmériques (ALBA) avant de se rendre à Panama,Bahamas et Curaçao. Le Chef de l’Etatet sa délégation sont rentrés au pays le jeudi9 février dans la soirée et ont donné une conférencede presse afin de parler de la coopérationqui s’approfondit avec les pays membresde l’ALBA (voir Haïti Progrès vol 29 #36). Mis à part les accords signés qui renforcentles liens avec les pays de l’Amérique duSud et de Cuba, le chancelier Laurent Lamothea expliqué que les pays membres de l’ALBAont décidé de créer un fonds spécial pourHaïti. On doit aussi noter que pendant levoyage du président Martelly au Panama, leprésident de ce pays, Ricardo AlbertoMartinelly, a pris un décret annulant les fraisde visas qui étaient de mille (1.000.00) dollarsUS et ont été réduits à cinquante (50) dollarsUS. Ce qui ne manquera de faire le bonheurdes marchands et marchandes qui s’approvisionnentrégulièrement au Panama. Parailleurs, « le délai d’attente pour l’obtentiond’un visa panaméen passe désormais à 7jours, contrairement aux 4 mois nécessairesauparavant… Deux accords ont été signéspar les autorités des deux pays : l’un sur laprotection des investissements panaméens enHaïti et ceux d’Haïti au Panama. L’autre surune assistance technique (à Haïti) dans lesdomaines de l’agriculture, du commerce, dela perception des impôts, de la promotion desinvestissements, de la sécurité sociale et de lagestion des ports et aéroports. » (AlterPresse,9 février)D’autre part, le Premier ministre GarryConille est rentré au pays le 10 février aprèsson périple à Washington. Il a profité au coursd’une conférence de presse à l’aéroport internationalToussaint Louverture pour dresserun bilan positif. Pouvait-il dire autrement ?« Le premier objectif de la mission était departir avec les représentants des différentesinstitutions de l’Etat en vue de remercier lacommunauté internationale pour leur solidaritéet leur engagement envers le peuplehaïtien et leur dire que nous pouvons fairemieux » avait expliqué le chef du gouvernementd’un ton glacial. En fait, le Premierministre a exprimé dans des termes diplomatiquessa frustration concernant ledécaissement des fonds promis à Haïti. Ilsemblerait que le Premier ministre a « discutéautour d’un pacte pour l’élaboration d’un agenda de développement bien précis pourrendre plus actifs les décaissements » (HPN,13 février). M. Conille a indiqué que « lespartenaires se sont engagés à trouver desprocédures célères pour les décaissements. »Ceci, deux ans après le séisme du 12 janvier2010. On peut déjà prévoir que les procéduresdes organisations internationales de financementqui dépendent de Washington serontplus compliquées et assorties de toutes sortes de pressions, de menaces à peine voilées et deplus d’ingérences dans nos affaires internes.En effet, le Premier ministre Conille afait savoir que « les partenaires invitentl’Etat haïtien à prendre ses responsabilités.Ils ont exprimé leur préoccupation quant àla capacité des autorités haïtiennes à définirun agenda de travail dans le cadre dela reconstruction… » Une gifle ! Et, les admonestationset injonctions ont continué àpleuvoir sur la délégation Conille. « Le présidentdu Sénat, Simon Dieuseul Desras,également membre de la délégation a révéléque la rencontre avec Mme Mills (chef decabinet de la Secrétaire d’Etat HillaryClinton) a permis d’aborder d’autres dossiersimportants tels la professionnalisationde la police et le respect des échéances électorales.Le sénateur Desras a indiqué queles autorités américaines ont souhaité lapublication de l’amendement constitutionnelet la formation d’un nouveau conseilélectoral » Métropole, 10 février). Le présidentdu Sénat a aussi fait savoir, et ceci estimportant, que les autorités nord-américainesont questionné le rapprochement duprésident Martelly avec le chef de l’Etat vénézuélienHugo Chavez. Certainement le sénateurDesras n’a eu aucun problème avec cetteimpertinence. Car, n’avait-il pas exprimé sesinquiétudes quand à l’intégration totaled’Haïti dans l’ALBA ? « Je ne sais pas ce que le président Martelly va faire au Venezuela» avait-il lancé la veille du départ dela délégation présidentielle à Caracas. Et, ilprécisait que le parlement pourrait ne pasratifier un accord signé avec le Venezuela.Déjà on voyait les propensions du sénateurà accepter les diktats de l’empire.Parallèlement au sénateur Desras, ledéputé Guy Gérard Georges expliquait, satisfait,que « les interventions des parlementaires au cours des rencontres portaient sur lanécessité d’impliquer beaucoup plus le parlementhaïtien qui selon lui a toujours ététraité en parent pauvre dans le processus del’aide internationale » (HPN, 13 février). Onn’a qu’à rappeler au député Georges le rôle duparlement comme pouvoir au sein de l’Etat.Finalement, au terme de la conférence depresse, le Premier ministre Garry Conille aannoncé « en termes de retombées positives lelancement des travaux de reconstruction del’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti aumois de mai prochain et l’engagement despartenaires d’accélérer le processus dudécaissement pour la réalisation des nombreuxprojets du gouvernement » (Idem).Notons aussi, d’après des sources gouvernementales,qu’une réunion s’est tenue entre lePremier ministre Conille et les membres duconseil de sécurité qui seront dans nos murscette semaine afin d’évaluer la situation. Rienn’a été rapporté concernant cette rencontre auretour du Premier ministre.A la lumière des retombées des voyagesdu président Michel Martelly en AmériqueLatine et du Premier ministre Garry Conilleà Washington, les lectrices et lecteurs pourrontse faire une idée de quelles coopérationssont dans l’intérêt du pays et du peuple haïtien.

Publier le :   Auteur : Georges H. Honorat

Le Premier ministre Conille fait-il du lobby à Washington?

« Singulier petit pays », dit-on. Cen’est pas par hasard qu’au samedi 4février, le président de la Républiqueavec « ses » ministres, le Premier ministreet les « siens » ainsi que des parlementaires que ce dernier essaie de coopter sont hors du pays. Personnene savait qui était le dirigeantprincipal en Haïti durant ce laps detemps. Sans doute Monsieur MarianoFernandez. Notre cher Nono.C’est ce lundi 6 février qu’avaientdébuté à Washington les « consultations» du Premier ministre Conille etsa délégation assez imposante forméedu ministre de l’Économie et des FinancesAndré Lemercier Georges, dela ministre à la Condition féminine etaux Droits des Femmes YanickMézile, du Secrétaire Exécutif du Premierministre Jean Max Bazin ; de laConseillère du Premier ministreTatiana Wah, du député Guy GérardGeorges, président de la commissiondes Affaires étrangères et ,présencehautement significative, du président du Sénat Dieuseul S. Desras qui avaitdit ne pas comprendre le sens duvoyage du président Martelly au Venezuela.Il semblerait que le présidentde la Chambre basse, monsieur Levaillant Louis Jeune, refusant des’aligner sur l’une ou l’autre branchede l’Exécutif, ait eu à décliner l’invitationqui lui a été faite de faire levoyage.La délégation du Premier ministreConille doit rencontrer le président dela Banque mondiale Robert Zoellick,le vice-président de la Banque pourl’Amérique Latine et les Caraïbes HasanTuluy ; le président de la BID LuisAlberto Moreno ainsi que des parlementairesnord-américains tels les sénateursPatrick Leahy et Ben Cardinainsi que la sénatrice Mary Landrieu.Une rencontre est aussi prévue avec ladirectrice du gendarme financier deWashington (le FMI) ChristineLagarde et l’administrateur du FMIpour Haïti, Paulo Nogueira Batista.On discutera sur les « réformes macroéconomiques et structurellescouvrant l’exercice budgétaire2012. L’important pour M. Conille,c’est de voir dans quelle mesure desfonds pourraient servir de tremplin pour le budget 2012 et pour les prochainsprojets et programmes de songouvernement » (Frantz Alcéma,HPN, 6 février).Il est clair que ce voyage renforcerala position du Premier ministreGarry Conille qui est convoqué par laChambre basse le lundi 13 févrierprochain. La rumeur courait qu’il allaitrecevoir un vote de non confiance.Certainement, Washington ne laisserapas couler de sitôt son poulain. DepuisCaracas, le président Martelly aannoncé tout ce qu’il avait obtenupour Haïti dans le cadre de l’ALBA. LePremier ministre Conille retournera tilavec les mains vides ? Mais sûrementil viendra avec ses poches pleinesde promesses.

Publier le :   Auteur : Georges H. Honorat

L’occupation dans toute sa « splendeur »

Le 13 décembre 2011, des soldats brésiliens en patrouille ont tabassé, pour des raisons qu’eux seuls connaissent, trois (3) jeunes hommes, Abel Joseph, Armos Bazile et Joseph Gilbert, aux environs de la zone de l’ancien Fort Dimanche. Les soldats s’étaient aussi emparés de leurs avoirs. Ces jeunes hommes ont eux-mêmes dénoncé à la presse et au Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) les mauvais traitements subis. Les traces de sévices qu’on pouvait voir un peu partout sur leur corps ont été montrées principalement par des organes de la presse écrite, dont Haïti Progrès (voir notre édition du 21 au 27 décembre 2011, vol 29 No 29).

            Le mercredi 25 janvier, la force d’occupation, la Minustah, qui a, en son sein, des militaires brésiliens en plus grand nombre  dirigé par un militaire de la même nationalité, a démenti les affirmations des jeunes après avoir guidé une « enquête préliminaire ». Qui alors les avait brutalisés ? La porte parole de la Mission, Sylvie Van den Wildenberg, n’a pu répondre à cette question. Mais a expliqué que « la Minustah s’assure toujours que les coupables soient punis. Nous faisons tout notre possible pour que des mesures judiciaires et disciplinaires soient appliquées contre les fautifs ». Il serait extrêmement difficile de trouver un secteur de la vie nationale qui prêterait une oreille attentive à de telles déclarations. Les exemples sont multiples où la Minustah a cherché à se dédouaner d’accusations fondées portées contre elle. Occupation oblige. Personne n’est dupe.

            Après cette « enquête » préliminaire de la Minustah innocentant les militaires brésiliens, la porte- parole a indiqué que le Brésil est en train de mener sa propre enquête sur le dossier. Et, « il faudra attendre les conclusions » a ajouté Mme Wildenberg. Ce serait un miracle si l’enquête de l’armée brésilienne contredisait celle de la Minustah.

            Rappelez-vous  le cas de Johnny Jean, jeune homme sodomisé par des militaires uruguayens selon la victime et le film des évènements pris par un portable, les officiels uruguayens avaient déclaré qu’il était introuvable (voir Haïti Progrès Vol 29 # 34). De même, la Minustah, par la voix de sa porte- parole, a encore indiqué que les jeunes,  brutalisés par les Brésiliens, sont introuvables. Selon Marie Yolène Gilles, du RNDDH, « les victimes sont joignables contrairement à ce qu’a avancé Sylvie Van den Wildenberg ». Même dans une enquête préliminaire, on devrait en premier lieu entendre ces jeunes qui ont été bastonnés et qui, dès le début, avaient pointé du doigt leurs bourreaux. Alors la Minustah changera-t-elle d’attitude ? On connaît la réponse. Mis à part le dossier de ces trois jeunes hommes, la Minustah est en train d’enquêter sur des policiers de la Unpol accusés d’avoir abusé sexuellement de mineurs. La paix sera finalement rétablie en Haïti quand cette Mission la quittera. Qui plus est. On apprend qu’aux Gonaïves, des soldats pakistanais ont kidnappé, séquestré et violé un enfant originaire du Cap-Haïtien  âgé de quatorze (14) ans. Que dira l’expert onusien sur les droits humains M. Michel Forst qui sera en Haïti sous peu ?

            La Minustah n’est pas simplement présente sur le territoire pour réprimer les Haïtiens. C’est une mission qui a pour mandat de préserver le statu quo en s’assurant que les plus importantes institutions du pays marchent selon le vœu de Washington. « Le Parlement sera appelé à se prononcer sur de grands dossiers d’importance pour l’avenir d’Haïti au cours de l’année 2012. Mentionnons entre autres la négociation d’un menu législatif, l’adoption d’un budget rectifié et le débat sur l’avenir de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti », ont fait savoir les autorités de la force d’occupation. A notre connaissance, les parlementaires les plus zélés enquêtent sur le bien-fondé de la double ou triple nationalité de hauts dirigeants de l’État, ce qui est tout à fait légitime. Cependant, ils ne se sont guère prononcés sur cette évidente et inqualifiable ingérence. Quelle contradiction !

            Mais il ne faut pas pour autant confondre l’arbre avec la forêt. Peut-on oublier que les autorités politiques de Washington sont les maîtres d’œuvre de l’occupation d’Haïti ? En effet, deux parlementaires étasuniennes, la sénatrice Kirston Gillibrand et la députée  Yvette D. Clark ont fait savoir qu’elles déposeront par devant leur Chambre une loi qui leur permettra d’évaluer les progrès enregistrés en Haïti après le séisme du 12 janvier 2010. Est-ce une loi qui permettra au Congrès nord-américain de venir sur le terrain « évaluer » la performance de l’Exécutif, du Parlement et de la justice ? On sait que le « laboratoire » a l’habitude de fabriquer des lois extraterritoriales contraires à la charte de l’Organisation des Nations Unies (ONU). On n’a qu’à se référer à la loi extraterritoriale Helms-Burton qui  a renforcé l’embargo illégal et cruel contre la République socialiste de Cuba. « Lè bab kanmarad ou pran dife, mete pa w alatranp. »

Publier le :   Auteur : Georges H. Honorat