Un ouf de soulagement pour certains migrants, malgré tout

Le gouvernement chilien annonce l'adoption de dispositions pour contrôler la migration. Michelle Bachelet, présidente du Chili, a signé un projet de loi pour réguler l'afflux massif de migrants. Au cours des deux dernières années, plus de 44 000 Haïtiens, essentiellement des jeunes ont émigré au Chili. Le Brésil et le Chili sont considérés comme terre d'accueil pour les Haïtiens, après le violent séisme de 2010. Selon des statistiques, environ 200 000 immigrants séjournent au Chili sans autorisation. Mme Bachelet soutient que le projet repose sur quatre (4) piliers : un ensemble de principes, droits et devoirs ; réglementation des catégories d'entrée, de sortie et de migration ; une procédure de sanctions administratives et un système national politique d'immigration, pour empêcher le trafic des personnes. « Nous voulons faire fi de l'immigration irrégulière car elle est la porte ouverte vers des abus de toutes sortes. Elle est la cause des violations des droits et de l'insécurité dans de nombreux secteurs industriels, » a dit Mme Bachelet, insistant sur la nécessité de règles claires dans l'immigration. Les autorités chiliennes ont fait valoir que l'immigration a quadruplé depuis la fin de la dictature en 1990. Le gouvernement annonce également la création d'un registre national des étrangers. Selon les premières statistiques en ce qui concerne les migrants haïtiens, le gouvernement a révélé qu'un tiers des migrants sont des mineurs.   Par ailleurs, sur les plus de 8 000 demandeurs d'asile interceptés à la frontière québécoise depuis juin dernier, en traversant illégalement la frontière canadienne, près de 2 700 sont des jeunes âgés de moins de 18 ans, explique Kathleen Weil, ministre québécoise de l'Immigration qui a réclamé le profil de ces jeunes pour que les commissions scolaires se préparent. Les autorités ont soutenu que la majorité des migrants viennent des États-Unis, fuyant une éventuelle déportation à l'expiration du TPS en janvier 2018. Toutefois, des Haïtiens en provenance d'Haïti ont également franchi la frontière. Le nombre de mineurs parmi les migrants est trois (3) fois plus élevé que les estimations des commissions scolaires de la région de Montréal qui s'attendaient à devoir intégrer autour de 800 élèves supplémentaires dans les salles de classes. Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, assure que la situation est sous contrôle à la frontière canado-américaine. Cependant, l'opposition estime que le Gouvernement Canadien a donné implicitement de faux espoirs aux migrants, en les laissant entrer et en insistant davantage sur le Canada comme une terre d'accueil, plutôt que sur la dimension stricte de la loi sur l'immigration et le statut de demandeur d'asile ou de réfugié. Néanmoins, le gouvernement canadien a mis en place une stratégie afin de freiner l'afflux de réfugiés haïtiens. Le député libéral fédéral, Emmanuel Dubourg, né en Haïti, jouera le rôle d'émissaire du gouvernement, dans le cadre de ce dossier. Il se rendra à Miami cette semaine, afin de tenter d'endiguer le flot de ressortissants haïtiens qui traversent la frontière, dans le but de demander le statut de réfugié au Canada. Emmanuel Dubourg a été nommé la semaine dernière au sein d'un comité provincial-fédéral spécial, créé pour faire face à l'arrivée depuis juillet, de milliers de personnes - majoritairement des Haïtiens - à la frontière entre le Québec et les États-Unis. M. Dubourg qui a maintenu des liens étroits avec la diaspora haïtienne, aura des entretiens en créole avec les membres de la communauté haïtienne de Floride. «Nous devons nous rendre à la source», a-t-il commenté. Le député Dubourg réalisera des interventions dans les médias et organisera des rencontres avec des leaders de la diaspora haïtienne à Miami pour rectifier les informations erronées concernant les politiques canadiennes d'immigration et d'accueil de réfugiés. Ce ne sont pas tous les Haïtiens venant au Canada qui sont originaires de Miami ou des environs, mais la ville compte plus de 200 000 Haïtiens et plusieurs médias influents dans la communauté haïtienne. Dans la réalité, environ 50 % des Haïtiens qui font une demande d'asile au Canada sont acceptés. Par ailleurs, le gouvernement du Canada a repris les déportations vers Haïti. «Il est important de leur dire avant qu'ils ne vendent leurs biens, avant qu'ils ne prennent une décision», a dit M. Dubourg. «Ils doivent être tout à fait conscients de ce qui peut survenir», a-t-il ajouté.   Après avoir offert son hospitalité à des milliers de demandeurs d’asile qui ont traversé la frontière pour fuir les États-Unis, et en attendant de se prononcer sur leur statut définitif, l’État canadien et le gouvernement du Québec déploient de grands moyens pour leur fournir une assistance sociale. « Dès la semaine prochaine, des fonctionnaires du gouvernement du Québec seront déployés au Palais des Congrès de Montréal pour remettre aux personnes concernées, les chèques qui leur sont destinés », a annoncé Radio Canada. Il s’agirait d’une « aide de dernier recours » à laquelle elles ont droit, selon la législation québécoise. L’opération sera menée sous l’instigation du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, sur une période de trois jours : du 30 août au 1er septembre. Selon Radio Canada, on prévoit de distribuer entre 4000 et 5000 chèques. Chaque demandeur d’asile recevra au minimum 642,92 $ d’aide sociale. Ce montant varie en fonction de son statut conjugal et de sa situation familiale. Au total, rien que pour le mois de septembre, « le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec versera donc au moins 2,5 millions de dollars canadiens en prestations d'aide sociale aux demandeurs d'asile », souligne Radio Canada. Sauf que, tout ne sera pas pour autant résolu. Une fois qu’ils aient reçu cette aide financière valable pour un mois, les demandeurs d’asile vont devoir apprendre à voler de leurs propres ailes. Ils seront donc obligés de « quitter les sites d'hébergement temporaires et de trouver un logement permanent ». Pour sa part, le gouvernement du Canada s’applique à expédier les procédures d’analyses des demandes d’asile ou de statut de réfugié et à émettre des permis de travail temporaires, afin de diriger le plus grand nombre possible de migrants vers le marché du travail, en dehors du circuit provincial de l’aide sociale, en attendant que la Commission de l'Immigration et du Statut de Réfugié (CISR) du Canada décide de leur sort.
Publier le : 02/09/2017   Auteur : Altidor Jean Hervé

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