La poursuite de la mobilisation des ouvriers

Comme annoncé, les ouvriers du secteur textile n’entendent pas arrêter leurs mouvements de revendication, en dépit des pressions des patrons et des forces d’élites de la PNH qui les maltraitent au vu et au su de tous. Les vendredi 26, lundi 29 et mardi 30 mai 2017, les ouvriers du secteur textile ont encore foulé le macadam pour continuer de réclamer un ajustement de salaire minimum de 800 gourdes et de meilleures conditions de travail. Le travail dans les usines est très difficile, très pénible. Parfois, les ouvriers se plaignent de leurs conditions de travail. Mais dans les usines, le patron est très sévère. Le patron ne donne plus de travail aux ouvriers qui se plaignent, qui ne sont pas contents. Les ouvriers ont un tout petit salaire (qui varie entre 225 à 300 gourdes pour 8 heures de travail debout) en échange de leur travail. En effet, les patrons, eux non plus, ne restent pas les bras croisés, tout comme les syndicats des ouvriers dans leurs mots d’ordre. Des patrons d’entreprises du secteur textile sont passés à l’offensive. Plusieurs employés (48) ont été révoqués et 42 membres du syndicat GOSSTTRA-CTSP sont interdits d’entrer sur les lieux de travail. Des responsables de syndicats et les employés touchés par ces mesures annoncent la poursuite de la mobilisation jusqu’à satisfaction de leurs revendications dont, entre autres, un salaire journalier minimum de 800 gourdes. Les patrons appuient les patrons. Dans une note de presse en date du 23 mai 2017, le Forum Économique du Secteur Privé a dit constater avec inquiétude, que les revendications salariales du secteur ouvrier ont dégénéré en manifestations violentes qui ont perturbé le travail des entreprises du secteur d'exportation textile, les obligeant ainsi à suspendre temporairement leurs activités le samedi 20 et le lundi 22 mai 2017. « Les manifestations organisées en dehors des principes démocratiques et du droit du travail, ont entraîné des pertes économiques, aussi bien pour les entreprises que pour les ouvriers, ainsi que pour l'économie dans son ensemble, et affecté l'image extérieure d'Haïti. Elles ont un effet négatif sur les efforts publics et privés, engagés au cours des dernières années, pour mieux repositionner Haïti dans la région, pour améliorer ses gains de compétitivité et pour capter plus d'investissements nationaux et étrangers.» Le Forum réaffirme l'engagement unanime de ses membres vis-à-vis du respect de la loi et en particulier du Code du Travail. « L'application de l'article 137 de ce code traitant de l'ajustement du salaire minimum ne devrait souffrir d’aucune exception, dans l’intérêt de tous ». Le Forum Économique rappelle que « le Secteur textile qui représente plus de 80 % des exportations haïtiennes et assure plus de 40 000 emplois directs, est fortement sensible aux variations de coûts des facteurs de production. La survie des entreprises de ce secteur et le maintien des emplois qu'elles créent sont incompatibles avec la violence et passent par un dialogue social constructif, aboutissant notamment à la fixation de salaires raisonnables et à l'aménagement de conditions de travail équitables. De son côté, Georges Sassine, le président de l'Association des Industries d'Haïti (ADIH), appelle au retour au calme, se disant ouvert au dialogue sur l’augmentation du salaire minimum journalier des ouvriers de la sous-traitance, tout en affirmant qu’une augmentation de 100%, était totalement inacceptable pour les patrons. Le jeudi 25 mai, au cours d'un point de presse au Salon diplomatique de l'Aéroport International Toussaint Louverture, le chef de l'État, interrogé sur le situation, a déclaré : « seul le dialogue peut résoudre le problème du salaire minimum », lançant un appel au Conseil Supérieur des Salaires (CSS) pour qu’il se prononce sur la question, avant d’ajouter : « l'État est en train de prendre des dispositions au niveau des parcs industriels, pour répondre à des besoins urgents, en terme d'accompagnement des ouvriers : subvention de la nourriture, assurance maladie et transport ». Pour sa part, Roosevelt Bellevue, le ministre des Affaires sociales et du Travail, a boudé pour la deuxième fois consécutive, l'invitation de la Commission sénatoriale des Affaires sociales, pour venir renseigner les parlementaires sur les mesures prises pour répondre aux attentes des ouvriers de la sous-traitance, notamment sur le salaire minimum de 800 gourdes. Le Sénateur Antonio Cheramy, président de la Commission, a indiqué que dans la mesure où le ministre continue à refuser de se présenter, la Commission prendra les dispositions qui s'imposent. La Commission sénatoriale des Affaires sociales a, pour la troisième fois, invité le ministre des Affaires sociales et du Travail, Roosevelt Bellevue, pour le mercredi 31 mai 2017. Par ailleurs, le mardi 30 mai 2017, la situation n'était toujours pas revenue à la normale au niveau des entreprises du parc de la SONAPI. Seules trois (3) usines ont fonctionné au ralenti, alors que la plupart des autres sont restées fermées, malgré la présence sur place des ouvriers qui refusaient de travailler.
Publier le : 03/06/2017   Auteur : Emmanuel Saintus

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