Le système éducatif haïtien, en proie à de sérieux problèmes

Les valeurs sur lesquelles repose un système éducatif ne représentent rien, si ce système est mal appliqué. Que vous choisissiez «Instruire-Socialiser et Qualifier» comme mission de l’école ne suffit pas. Le problème est ailleurs. Il faut s’assurer que tous les paramètres soient installés au bon endroit, avec des acteurs qualifiés et surtout consciencieux, avec une vision sur l’avenir. Le premier paramètre à vérifier: le budget. Par exemple, de combien d’employés dispose le ministère de l’Éducation nationale? À combien s’élève leur salaire? Et quelle est l’enveloppe budgétaire allouée à ce ministère? Si l’enveloppe budgétaire est inférieure aux charges, le problème est de taille. Il faut couper quelque part. Mais comment couper? Et qui ou quoi couper? Chez nous, quelle est la composition du personnel d’une école? Quelle soit primaire ou secondaire? Une secrétaire, un concierge, des enseignants et des membres de la direction ? Donc s’il faut couper dans le personnel, le problème reste et demeure, car les élèves seront laissées à eux-mêmes. À notre connaissance, il n’existe aucun surplus dans le personnel des écoles. Pourtant, dans le ministère, on vit une autre réalité. Alors, on peut comprendre pour quelles raisons, chaque année le syndicat des enseignants est obligé de recourir à des mots d’ordre de grève, afin d’exiger le paiement des arriérés au niveau des salaires. Le budget est insuffisant. Mais peut-on l’augmenter? Dans quel ministère doit-on couper, afin d’augmenter l’enveloppe du ministère de l’Éducation nationale? Qui oserait répondre à cette question? Un autre paramètre d’une importance capitale : l’espace physique d’une école chez nous. Combien d’écoles disposent d’une cour de récréation chez nous? Combien d’écoles sont munies d’une bibliothèque? Combien d’écoles sont dotées d’un laboratoire digne de ce nom? En conséquence, comment voulez-vous que ce système soit productif selon les attentes? Dans quelles écoles chez nous, trouve-t-on un orthopédagogue? Un psychologue? Un travailleur social? Un infirmier ou une infirmière? Un enseignant spécialisé? Etc. Nos élèves, sont-ils faits en béton? N’ont-ils pas des besoins comme ceux évoluant dans des pays développés? Qui réalise des plans d’intervention afin de mieux venir en aide aux élèves en difficulté? Quand les parents sont débordés et dépassés par les événements, qui assure la transition ou la relève? Un troisième paramètre : la qualification des enseignants. Être détenteur d’un diplôme de l’École Normale ne donne pas droit à un enseignant d’occuper n’importe quelle place dans une école. De plus, la formation continue est importante, car l’éducation est une science qui évolue de jour en jour. Il faut que les enseignants soient à l’affût de nouvelles connaissances et surtout de nouvelles façons d’enseigner. Ceci dit, le système doit être revu. Il y a trop de problèmes à résoudre. Il faut que les choses changent.
Publier le : 03/06/2017   Auteur : Pierre-Michel Augustin

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