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Le PPN demande en conséquence aux organisations de base concernées de se ressaisir, pour ne pas avoir à le regretter lorsqu’elles seront massacrées sur l’autel de ces élections/sélections.
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Le Parti populaire national (PPN) avait marqué sa stupéfaction de constater le lundi 8 août que trois opportunistes, Rudy Hériveaux, Yvon Feuillé et Louis Gérald Gilles, avaient décidé d’inscrire le parti Fanmi Lavalas au Conseil électoral provisoire (CEP) pour les élections. Ces trois larrons, pour justifier leur décision, ont prétexté que Fanmi Lavalas doit participer aux élections pour n’être pas accusé de participation à des actes répréhensibles le jour du vote. Rien de plus qu’un non-sens qui ne saurait leurrer personne.Le PPN rappelle au peuple, aux masses populaires en particulier, que nous sommes aujourd’hui dans une situation de crise sociale, économique et politique parce que des pays comme les Etats-Unis, la France et le Canada ont participé à la déstabilisation du pays et du gouvernement constitutionnel Aristide/Neptune, de concert avec les Conzés locaux, en leur fournissant argent et armes pour boycotter la célébration du bicentenaire de l’Indépendance et pour finalement renverser le pouvoir que la majorité de la population avait choisi pour la diriger pour cinq années. De même qu’en 1804, les anciens pays colonisateurs ne pouvaient accepter que le Peuple haïtien prenne en main son avenir, ils se sont mis encore une fois avec les classes dominantes pour réussir le coup d’Etat du 29 février 2004.
Ainsi, les Etats-Unis, la France et le Canada ont occupé le pays pendant trois mois pour affaiblir le mouvement populaire, de façon que le Peuple ne participe plus à la vie politique, culturelle et économique du pays. Les Etats-Unis se sont ensuite rendus compte que la situation allait être difficile en Haïti, surtout qu’ils ont déjà fort à faire en Afghanistan, en Irak, en Palestine… Donc, ils se sont retirés, mais, pour mener des tractations au Conseil de sécurité de l’ONU et obtenir la mise sur pied de la Minustah avec les pays de l’Amérique latine comme le Brésil, l’Argentine, le Chili, etc., et d’autres pays du monde, pour venir poursuivre le sale boulot consistant à massacrer les masses populaires, afin de les décourager à s’organiser et à prendre en main leur destin.
Malheureusement, aujourd’hui, le Parti populaire national constate qu’un groupe d’opportunistes qui se sont servis du Peuple pour devenir députés, sénateurs, ministres, veulent une fois de plus conduire celui-ci à l’abattoir de l’impérialisme nord-américain en le forçant à retirer la carte électorale piégée pour pouvoir participer à des élections/sélections. Le Parti populaire national (PPN) rappelle aux organisations de base, aux masses populaires et à la population en général que: participer à ces élections bidon accordera une légitimité au coup d’Etat du 29 février 2004. Ce geste suppose également que nous acceptons l’occupation du pays et le plan néo-libéral, c’est-à-dire le plan de la mort FMI/Banque mondiale/BID, qui occasionne déjà la misère et la mort parmi les populations les plus vulnérables. Déjà, nous constatons à quel rythme le prix de l’essence augmente, pendant que le Premier ministre de facto Gérard Latortue fait savoir que ce n’est qu’un début. La hausse des prix de l’essence provoque de fait la flambée des prix des produits de première nécessité, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour venir en aide à la population.
Il est clair que le prochain gouvernement issu de ces (s)élections ne pourra rien y faire. Au contraire, les inégalités sociales s’accroîtront encore sous un régime pseudo-constitutionnel, qui fera usage de la répression aveugle des masses populaires qui se dresseront contre la misère et la privatisation des entreprises publiques. Déjà, le gouvernement de facto Alexandre/Latortue nous a gratifiés d’un avant-goût, lorsqu’il a effectué des révocations massives dans l’administration publique afin d’honorer le service de la dette, comprenant les 800 millions de dollars, que Jean-Claude Duvalier et ses acolytes avaient volés. Même les anciens GNBistes, faisant partie de la classe moyenne, qui avaient fait alliance avec le secteur macouto-bourgeois, se révoltent aujourd’hui devant la misère qui sévit dans le pays. De quelles élections parle-t-on, lorsque les mères et pères de famille ne savent pas encore où donner la tête pour faire face à la rentrée des classes?
Le PPN estime que certains dirigeants, dépourvus de principes, à la tête de Fanmi Lavalas, ne peuvent pas mener le Peuple jusqu’à la victoire finale, parce qu’ils ont trahi les idéaux du 16 décembre 1990. Ces dirigeants travestis ne savent que corrompre les dirigeants des organisations de base en leur offrant de l’argent et des visas pour semer la division au sein des masses. Ces mêmes dirigeants, sans convictions, n’en ont que pour leurs goussets. Ils ne veulent qu’accéder aux postes de sénateurs, députés, ministres pour continuer à tromper les masses. Ils se servent de celles-ci comme marche-pied afin d’atteindre leurs objectifs. Ils ne perdent jamais rien comme le Peuple, ils ne souffrent jamais avec le Peuple, mais ils gagnent toujours sans lui et à ses dépens. Aujourd’hui, le PPN constate que ces dirigeants opportunistes Lavalas poussent certaines organisations de base à publier des notes disant qu’elles sont prêtes à participer aux élections si les prisonniers politiques sont libérés. Cependant, cette demande ne saurait être partie prenante dans une négociation concernant la participation à des élections truquées.
Le PPN demande en conséquence aux organisations de base concernées de se ressaisir, pour ne pas avoir à le regretter lorsqu’elles seront massacrées sur l’autel de ces élections/sélections. Le PPN exhorte les masses populaires à être vigilantes pour éviter d’être prises au piège. Aujourd’hui, n’est-ce pas vous qu’on assassine quotidiennement? Compatriotes du Bélair, de Solino, de Grand-Ravine, ne vous rendez-vous pas compte que la tactique de l’ennemi aujourd’hui consiste à armer vos proches de machettes pour vous tuer, comme au Rwanda? Nos frères de Cité Soleil doivent eux aussi s’attendre au pire.
Au sein du PPN nous constatons que les petits-bourgeois opportunistes de Fanmi Lavalas ont piétiné tous les principes et veulent nous conduire à des élections/sélections, afin de légitimer le coup d’Etat du 29 février 2004, et renforcer l’occupation que les Etats-Unis, la France et le Canada établissent sur Haïti à travers la Minustah. Si ces opportunistes se sont désavoués eux-mêmes, nous ne pouvons pas être plus royalistes que le roi.
En conclusion, le Parti populaire national (PPN) réitère son mot d’ordre à l’endroit des organisations de base et des masses populaires, à savoir: nous ne prendrons pas la carte électorale piégée et nous ne participerons pas aux élections/sélections, pour ne pas cautionner le coup d’Etat du 29 février et l’occupation du pays de Dessalines, de Capois-la-Mort et de Charlemagne Péralte. Continuons à nous organiser dans la discipline et à manifester pacifiquement pour crier:
A bas l’occupation
A bas le gouvernement Alexandre/Latortue
A bas la carte électorale piégée
A bas les élections/sélections
Combattons pour un autre 1804!
Liberté ou la mort!
Pour le Bureau politique du PPN
Georges Honorat
Port-au-Prince, le 30 août 2005.