25 Decembre, 2002

December 25, 2002

25 Desanm, 2002

Vol. 20 No. 41
Une déstabilisation à l'enseigne de l'IRI

Officiellement l'Institut républicain international (IRI), cet organisme de Washington qui rassemble des représentants de l'extrême droite du Parti républicain, avait plié ses pénates et fermé ses bureaux en Haïti. Cela ne trompait personne, car c'était tout simplement pour se faire moins voyant et manoeuvrer d'autant mieux et d'autant plus qu'il avait fini de mettre sur pied sous le nom de Convergence ce rassemblement de partis, de groupes et d'individus de tout acabit. Les derniers événements, manifestations pour demander le départ du président Aristide, action armée à partir de la République dominicaine, etc., tout cela n'est bien entendu pas étranger à son action et à son financement. C'est donc à visage découvert, comme on peut le voir (voir article au bas de la page couverture), que l'IRI se manifeste à nouveau.

Le dirigeant de l'OPL/Convergence Gérard Pierre-Charles avait beau vouloir feindre le patronage de l'IRI quand il qualifiait, dans une interview au téléphone au quotidien dominicain Hoy, de «vulgaire mensonge» le fait que l'avocat nord-américain «Ira Kurzban eût affirmé que la Convergence démocratique reçoit des ressources de l'IRI pour déstabiliser le gouvernement haïtien» (Hoy, 26-11-02), il lui faudrait encore, à Pierre-Charles, être encore plus effronté pour nier ce fait face au déroulement de la situation.

L'incursion menée dans la nuit du 10 décembre dernier par des hommes lourdement armés contre le commissariat de police de Lascahobas n'aura été en fait qu'un avant-goût de ce que nous réservent ces comploteurs et leurs tuteurs. Justement, ce voyage en République dominicaine le 18 décembre, pour répondre à une convocation de l'IRI devrait leur servir à recevoir d'autres consignes pour pallier à leur manque d'efficacité, et surtout à coordonner leur action avec les macoutes établis dans ce pays.

Les responsables du pouvoir Lavalas ont également critiqué le voyage des membres de l'«opposition» qui, selon eux, fait partie d'un vaste complot visant à déstabiliser le pays. Le député de la 3e circonscription de Port-au-Prince, Simpson Libérus a lancé cet appel: «Je demande au gouvernement dominicain de veiller à ce que son territoire ne serve pas à un groupe d'individus qui voudrait déstabiliser le pays... » Mais la ministre de la Culture et de la Communication, Lilas Desquiron, se montrait plutôt sereine, disant: «Le gouvernement est très calme parce qu'il règle toujours tout seul ses problèmes à l'intérieur du pays. Si ces gens ont été obligés d'aller rencontrer l'IRI pour résoudre leurs problèmes; je n'ai rien à y voir... Je suppose, qu'à leur retour, ils vont convoquer la presse pour présenter le but de leur mission... Toutefois, je sais que l'apprentissage démocratique se fait sur le terrain...» Cependant, quoi qu'en pense la ministre, les individus convoqués par l'IRI n'y sont pas allés pour faire l'apprentissage de la démocratie, mais plutôt pour parachever leur plan de déstabilisation.

Toutefois, en dépit du fait que la population commence à démasquer les membres de la coalition macouto-bourgeoise réunis pour leur majorité au sein de la Convergence, certains de ces individus ont eu assez d'audace pour tenter de justifier, voire banaliser cette rencontre en République dominicaine eà laquelle prenaient part des réactionnaires notoires tels Paul Denis de l'OPL, Julien Frandley Denis de l'Initiative Citoyenne (IC), Victor Benoît du Konakom, Hubert Deronceray du MDN, Luc Mésadieu du Mochrenah, René Julien de l'Union Patriotique et des responsables de la Fédération des étudiants universitaires haïtiens (FEUH) comme Hervé Saintilus et Vogly Pongnon. En effet, le dirigeant de l'OPL, Gérard Pierre-Charles a prétendu que cette visite est une rencontre de discussions sur la «crise haïtienne» tout en soutenant que l'« opposition» haïtienne cherchait à harmoniser ses rapports avec le Parti démocrate et le Parti républicain. Ainsi, cette démarche, selon Pierre-Charles, participerait d'une « politique moderne » qui tiendrait compte de la situation géopolitique du pays. En attendant, la «modernité» de Pierre-Charles l'amène à faire alliance avec les forces les plus rétrogrades du pays et même de la planète!

A leur retour le samedi 21 décembre, ces Conzés ont même avoué fièrement qu'ils avaient été appelés effectivement par leurs tuteurs pour recevoir des directives pour, officiellement, « consolider » leurs prétendus partis. «Nous avons rencontré des responsables de l'IRI en République dominicaine qui avaient à nous présenter des plans de travail qu'ils ont planifié pour les partis politiques... On discutait de stratégie de renforcement des partis politiques. Ils en ont profité pour nous sensibiliser sur l'importance des techniques de sondage pour les institutions politiques... » a indiqué fièrement et sans aucune gêne, Paul Denis de l'OPL/Convergence. En fait il dévoilait lui-même sans qu'on ait besoin de le dire qu'en bon petit colonisé il n'est pas capable de penser sans le «Blanc».

Toutefois, il est évident que l'alliance macouto-bourgeoise, ayant épuisé presque toutes ses cartes, ne peut plus compter que sur la violence pour arriver à concrétiser son «option zéro». On pourrait prendre justement à ce compte la recrudescence des actes d'insécurité enregistrés à plusieurs endroits du pays et les différentes bombes artisanales placées dans certains quartiers de Port-au-Prince le samedi 21 décembre. Ces vendeurs de patrie n'ont même pas la décence d'observer une trêve en vue de permettre à la population de souffler à l'occasion de ces fêtes de fin d'année. En effet, malgré le fait, par ailleurs, que les autorités Lavalas ont consenti récemment de dédommager intégralement les responsables de l'OPL aux dépens d'un Trésor public encore plus appauvri, conséquemment aux événements du 17 décembre 2001, l'un des dirigeants de cette formation politique, Gérard Pierre-Charles, continue pourtant à faire de la surenchère en demandant au pouvoir de faire davantage de concessions dans le sens de leurs intérêts. Il est évident que tout n'est qu'artifices de leur part pour aboutir à «l'option zéro» qu'ils visent à tout prix sous le patronage bienveillant et à l'enseigne de l'IRI »