4 Septembre, 2002

September 4, 2002

4 Septamn, 2002

Vol. 20 No. 25
Malgré l'optimisme manifesté au préalable par le ministère de l'Éducation nationale, il était tout aussi prévisible que cette rentrée scolaire du 2 septembre n'allait pas se faire en fanfare. Nombre d'éléments ont joué en ce sens. D'abord la situation économique qui a encore empiré par rapport à l'année dernière, sans compter le scandale des coopératives qui ont ruiné de très nombreuses petites bourses.

En effet, pour ce premier jour de classe du lundi 2 septembre, il n'y avait pas affluence devant les établissements d'enseignement. D'ailleurs la majorité des écoles que nous avons visitées ne fonctionnaient pas, même les écoles religieuses et d'autres centres connus pour leur ponctualité avaient choisi de reprendre tranquillement et progressivement leurs activités. Par exemple le Petit Séminaire Collège St-Martial, le collège Canado-Haïtien, les Soeurs du Sacré-Coeur nous ont fait savoir que la rentrée effective n'aurait lieu que le lundi 9 septembre. D'autres ont un autre calendrier: le primaire pour cette semaine et le secondaire à partir du 9 septembre. En réalité, il est très difficile pour le ministère de prétendre pouvoir régir une rentrée scolaire générale, puisque les trois quarts des établissements scolaires appartiennent au privé.

En outre la hausse vertigineuse des frais de scolarité peuvent même amener cette rentrée à s'étendre sur des semaines. Ainsi dans plusieurs écoles privées de la capitale, des parents ne se sont présentés que pour réclamer les listes ainsi que le montant de l'inscription et des mensualités à payer. Trouver l'argent nécessaire est aussi un autre problème qui leur demandera du temps. Certaines écoles arrivent jusqu'à exiger des mensualités dépassant 1500 gourdes sans oublier des frais d'inscription qui peuvent monter jusqu'à 10 mille gourdes. Plusieurs parents disent attendre d'être remboursés par ces «coopératives» d'épargne dont les déboires ont alimenté et alimentent encore l'actualité.

La situation est pratiquement la même dans presque tout le pays. A Port-de-Paix, seulement l'école des Montfortains a ouvert ses portes, mais très peu d'élèves se sont présentés. A Saint-Marc, les écoles n'ont pas fonctionné. A Jérémie, la réouverture des classes a été une occasion pour l'Église catholique d'organiser une messe afin de consacrer parents, élèves, professeurs et directeurs d'établissements scolaires. N'était-ce cette messe, cette journée serait passée inaperçue. A Léogâne, malgré les mesures annoncées par le MENJS, les écoles sont restées fermées. Partout, la même plainte: la gravité de la situation économique.

Au niveau des écoles publiques, il n'y a pas eu de grande différence, d'autant plus qu'il n'est pas rare de voir ces établissements réclamer des frais, et des «primes» pour y être admis, vu leur nombre limité. Les lycées ainsi que les écoles communales que nous avons visités étaient quasiment vides. Seulement les directeurs, les professeurs et quelques élèves faisaient le va-et-vient. Pour sa part le lycée des Jeunes Filles est jusqu'à présent réquisitionné par le ministère de l'Education nationale comme centre de correction des examens extraordinaires du baccalauréat. En résumé l'école est à l'image du fonctionnement de l'administration gouvernementale, elle fonctionne au petit bonheur en l'absence d'un véritable plan d'enseignement.