7 Août,  2002

August 7,2002

7  Out,  2002

Vol. 20 No. 21

Les manifestants se sont enhardis et, avec à leur tête Amiot Métayer (à gauche) et Jean Tatoune (à droite)...
Un mois après l'arrestation du puissant chef d'une organisation populaire (OP) des Gonaïves, Amiot Métayer dit «Kiben», pour son implication présumée dans l'incendie de plusieurs maisons dans le quartier populaire de Jubilé le 12 mai dernier, ses partisans regroupés au sein de «l'Armée cannibale» ont lancé le vendredi 2 août une attaque armée contre le commissariat Toussaint Louverture et la prison de cette ville, libérant leur chef ainsi que 158 autres prisonniers, dont Jean Pierre alias Jean Tatoune. Ce dernier avait été condamné à perpétuité pour sa participation dans le massacre de Raboteau perpétré en avril 1994 durant le coup d'État. Un prisonnier a trouvé la mort au cours de ces événements.
L'Université d'Etat d'Haïti (UEH), institution proclamée indépendante et autonome par la Constitution de 1987 (titre VI et article 28) est en passe de devenir un instrument entre les mains de ceux qui luttent pour le partage des différentes sphères du pouvoir.

Cette situation fait suite à la décision de la ministre de l'Education nationale, Myrtho Célestin Saurel, de rendre effective la caducité constatée (sur demande!) par le tribunal des référés du conseil exécutif sortant de l'UEH, présidé par Pierre-Marie Paquiot, en nommant une commission provisoire, composée de Charles Tardieu, président, Rose-Marie Rodriguez et Price Cyprien conseillers.


La situation n'a fait qu'empirer suite à la décision du gouvernement d'apposer les scellés sur les portes du rectorat. Par ce geste le pouvoir Lavalas montre clairement qu'il est investi de tous les pouvoirs pour contrôler à sa guise l'UEH.