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| Le Parti populaire national (PPN) a donné le mardi 2 juillet une conférence de presse, dans l'objectif de mettre en question le mode de gestion des autorités Lavalas concernant des dossiers bien particuliers comme: le fonctionnement et la faillite de ces innombrables coopératives d'épargne et l'établissement des zones franches au long de la frontière haïtiano-dominicaine. Le secrétaire général du parti, Benjamin Dupuy, a rendu le gouvernement Lavalas, notamment le président de la République Jean-Bertrand Aristide responsable du pourrissement de la situation dans le dossier ce ces dites coopératives. «Cette situation peut être comparée à ce qui s'est passé dans un pays de l'Est, l'Albanie, où se développait une pyramide de spéculations» a t-il indiqué. Dupuy a également évoqué le cas de plusieurs coopératives qui, selon lui, fonctionnent en dehors des normes légales fixées par les institutions compétentes. A ce sujet il a rappelé le scandale, encore tout frais dans les mémoires, du riz, où était directement impliquée une coopérative d'État, dénommée «Pou nou tout», qui avait la charge d'importer de grandes quantités de cette céréale, au profit des sénateurs avec l'argent des contribuables, aux dépens de la production locale de riz dans l'Artibonite et à Marie-Bahoux. «Depuis cette affaire, nous n'avons plus entendu parler de cette coopérative, où sont ses sociétaires?», s'est interrogé Dupuy, «Et quand, de notre côté, on avait effectué des investigations à la CNC, (Conseil national des coopératives), on avait pu constater que cette même coopérative n'avait même pas été enregistrée à cette institution. Et, on sait que le dernier décret promulgué sous le régime de Jean-Claude Duvalier, qui régularise en principe le mouvement coopératif, fait obligation aux coopératives de se faire enregistrer au CNC et que cette approbation soit publiée au Moniteur. Tel n'est pas le cas pour des milliers de coopératives fonctionnant dans le pays.»
Par ailleurs, concernant le projet de loi visant à régulariser le fonctionnement des coopératives d'épargne et de crédit fraîchement voté par le Parlement, le secrétaire général du PPN, a fait observer que cette décision était arrivée trop tardivement, compte tenue de l'ampleur des dégâts déjà causés par «l'irresponsabilité» des autorités Lavalas. Dupuy a fait la différence entre ces «business» et les coopératives de production, qui existent, d'ailleurs, dans la paysannerie. Il a sévèrement critiqué le comportement de l'administration Lavalas qui, faisant fi de la transparence, garde la population à l'écart de ce qui se fait véritablement à la frontière haïtiano-dominicaine, où le gouvernement projette d'installer des zones franches industrielles. «Le peuple haïtien ne semble être pas autorisé à connaître ce que mijotent ses dirigeants, alors qu'il est le premier à payer les pots cassés.» Evoquant la cérémonie du 8 avril dernier, où les deux présidents de l'île, Jean-Bertrand Aristide et Hipolito Mejia, procédaient à la pose de la première pierre d'une zone franche à Marie-Bahoux, Dupuy a rappelé les manoeuvres des autorités qui visaient à réprimer une manifestation projetée en vue de montrer l'opposition des paysans face au projet de zones franches. Selon lui, cette même situation s'était répétée le 1er mai, où des paysans avaient tenté, en vain, d'organiser une manifestation anti-zone franche. «A l'instar de Duvalier, le gouvernement Lavalas ne fait qu'adopter des attitudes autoritaires, en finalisant toutes ses affaires sous la table», a t-il déploré, tout en associant cette politique à la campagne de répression déclenchée à Guacimal le 27 mai dernier, contre les paysans syndiqués qui réclamaient pacifiquement de meilleures conditions de travail. Rappelons que suite à ces événements, neuf paysans sont encore gardés en prison illégalement, en dépit des nombreux appels provenant de plusieurs secteurs, tant du pays qu'à l'étranger, pour réclamer leur élargissement.
Par ailleurs, le secrétaire général du Parti populaire national a révélé les vraies raisons qui ont porté, selon lui, le chef de l'État à se rendre en République dominicaine le 16 janvier dernier. Selon lui, Aristide ne s'y était rendu que pour signer un accord dénommé «Accord trilatéral de coopération entre le gouvernement de la République dominicaine, du gouvernement de la République d'Haïti et du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique». «Ce document prévoit que la République d'Haïti cédera à une coopération, "Dominican-Haitian Investment Funds Bilateral Holding Corporation, un espace composé de 5 km, vers l'ouest, tout au long de la frontière. Ce périmètre, partant de la baie de Mancenille à l'Anse-à-Pitre, est évalué à 3500km2. D'après le contrat, le gouvernement doit exproprier tous les occupants de cet espace et les dédommager» a précisé Ben Dupuy. Il a, d'autre part, expliqué que, selon les clauses de cet accord, le service de la dette bilatérale et multilatérale envers les Etats-Unis et la Banque interaméricaine, de la République d'Haïti et de la République dominicaine sera désormais versé à la Corporation dont les Etats-Unis seront l'actionnaire majoritaire. «La sécurité de cet espace du territoire national, vendu par le gouvernement Lavalas à cette Corporation, sera garantie par les trois parties qui ont signé l'accord. Ainsi, les Etats-Unis pourront débarquer en toute quiétude leurs troupes au besoin», a-t-il poursuivi, tout en insistant sur le fait que les autorités Lavalas ont soigneusement pris soin de cacher cette affaire à la nation haïtienne, qui est la principale concernée. Il a également dénoncé l'attitude des dirigeants de la Convergence qui n'ont jamais levé le petit doigt pour dénoncer ces décisions prises par le gouvernement, qui ne font que porter préjudice au peuple haïtien. «Ces messieurs de la Convergence n'ont définitivement qu'un seul objectif, celui de partager le gâteau du pouvoir.»
Les autorités lavalassiennes se dépêchent de prouver leur docilité envers les Etats-Unis en signant à tort et à travers des accords pour livrer davantage le pays aux mains des impérialistes, pour qui les notions de peuple et de revendications n'ont absolument aucun sens. Pour preuve, le Sénat Lavalas a voté le 26 juin dernier la loi établissant les zones franches, quoique les sénateurs semblent être en retard par rapport à ce qui est déjà en marche dans la plaine de Marie-Bahoux, près de Ouanaminthe, où les deux présidents n'ont pas attendu leur vote pour inaugurer leur forfait depuis le 8 avril dernier.
Lorsqu'il s'agit de brader les ressources du pays, Lavalas et Convergence s'accordent pour faire converger leurs point de vue; car seul le mode de partage du butin les oppose fondamentalement. Les paysans de ces zones frontalières doivent donc se rendre à l'évidence pour se préparer à se mobiliser afin de préserver leurs terres, symboles de leur liberté et de leur avenir.
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