| Au cours d'une conférence de presse le lundi 6 mai, le Parti populaire nationale (PPN) a présenté un compte rendu de la manifestation organisé le 1er mai à travers les rues de Port-au-Prince où près de cinq mille paysans (voir pages centrales), provenant de diverses régions du pays, ont pris part. C'était aussi l'occasion pour le PPN d'annoncer la poursuite de la mobilisation dans toutes les communes du pays. Des images de cette manifestation du 1er mai sur vidéocassette ont été projetées à l'intention des journalistes pour que l'opinion publique soit informée sur l'ampleur et l'effectif réel de cette marche, puisque «une certaine presse» avait fait mention de seulement quelques centaines de personnes.
Le secrétaire général du PPN, Benjamin Dupuy a indiqué que son parti avait adressé, en date du 26 avril dernier une correspondance au directeur général de la Police nationale (PNH) l'informant de la tenue et du trajet de la marche du 1er mai. Aucune objection n'avait été soulevée par la PNH. Selon Ben Dupuy, en dépit de cette démarche légale, indispensable à ce genre d'activité, les autorités policières n'ont rien entrepris pour assurer la sécurité des manifestants. C'est ainsi que Patrick Elie, participant à la conférence de presse et intervenant à titre de témoin oculaire, a abondé dans le même sens que le secrétaire général du PPN, rappelant que la Constitution de 1987 dans son article 31.2 donne le droit à tout un chacun de se réunir à des fins pacifiques, que ce soit pour des raisons politiques, sociales, culturelles ou économiques, une fois que la Police avertie à l'avance. «D'après ce document, je constate que le PPN avait informé à l'avance la PNH de la tenue de cette marche. Donc, si un autre groupe en avait fait de même; le travail de la police serait alors d'occuper les lieux afin d'éviter d'éventuelles confrontations. Car la prévention précède la répression», a indiqué Elie en faisant référence aux groupes d'individus qui se tenaient devant le Palais national le 1er mai pour barrer la route à la marche des paysans du PPN. Patrick Elie en a profité pour rappeler l'imposant système de sécurité déployé par les autorités policières lors du rassemblement réalisé par la Convergence au Pont-Morin, le vendredi 22 mars 2002, où même l'accès du secteur avait été interdit aux véhicules. «Nous avions jugé positives ces dispositions prises par la Police nationale à l'endroit du rassemblement de la Convergence, car l'Etat doit garantir le droit de réunion. Mais lorsque je constate ce qui s'est passé le 1er mai dernier, je me pose certaines questions. Est-ce qu'il y aurait, d'un côté, une opposition qui recevrait la bénédiction de la communauté internationale et qui a droit de se réunir avec la protection de la force publique; et d'un autre côté, des organisations paysannes, des partis politiques ou des associations de citoyens, qui eux, n'ayant pas l'appui de Washington, de Paris ou de l'OEA, ne pourraient pas exercer ce droit», a-t-il fait observer tout en précisant qu'il n'intervenait pas à titre de membre de la Fondation Eko Vwa Jean Dominique, ou du Parti populaire national, mais en tant que militant de la démocratie.
D'autre part, Ben Dupuy a dénoncé ce qu'il appelle, «une certaine presse» qui, dans leur traitement des informations, cache certains aspects de la vérité au public. Le leader du PPN a indiqué qu'il n'y avait pas réellement l'imminence d'une confrontation entre les membres de son parti et les quelques individus qui se trouvaient devant le Palais national comme le laissait entendre cette «certaine presse», tout comme il n'y avait pas que quelques centaines seulement de paysans. A ce sujet, les journalistes participant à la conférence de presse ont pu avoir une nette idée de l'effectif réel des participants après avoir visionné la vidéocassette retraçant le fil des événements. Ils avaient du mal à ne pas montrer leur stupéfaction devant l'énorme fossé existant entre la vérité et ce qu'a relaté cette «certaine presse». Ainsi, Dupuy a-t-il exhorté les journalistes à faire preuve d'objectivité dans le cadre de leur travail.
Par ailleurs, si les lois en vigueur font obligation à ceux qui utilisent la voie publique pour des manifestations, à quelles que fins que ce soient, d'avertir préalablement les autorités policières, il faut se demander si les quelques individus, se réclamant du pouvoir, qui ont manifesté devant le Palais national, le 1er mai 2002, avaient annoncé à la Police la tenue de leur mouvement? Surtout dans un espace qui a été, étrangement, barricadé ce jour-là. S'ils l'ont fait, pourquoi la police ne se donnait même pas la peine de s'interposer entre eux et les paysans du PPN pour éviter d'éventuels dérapages? Et au cas où ces individus ont agi de façon spontanée, comment se fait-il que la Police n'eût pas dispersé cette manifestation qui à ce moment serait totalement illégale. En tout cas, tout porte à croire que le gouvernement Lavalas agit à ce que personne d'autre que ses sympathisants ou ceux qui ont l'aval de ses patrons de la «communauté internationale» n'ait accès au droit de rassemblement inhérent à tout système démocratique. Ainsi, les tenants du pouvoir Lavalas, qui combattaient ces mêmes pratiques sous les gouvernements passés, font montre d'intolérance aujourd'hui pour masquer leur incapacité à diriger le pays.
De toutes façons, le Parti populaire national (PPN) par la voix de son secrétaire général Ben Dupuy s'est dit déterminé à poursuivre son combat sur tout le territoire national. «Je pense que parler de la démocratie et la mettre en pratique constituent deux choses différentes. Nous sommes en face d'un pouvoir qui croit que lui seul peut mobiliser des gens et comme tout le monde peut le constater, ces paysans n'ont pas été payés pour gagner les rues. La mobilisation du Parti populaire national se fera sur la base de principes et non pas sur celle d'une campagne électorale. Notre mobilisation vise à défendre les intérêts des masses» a indiqué Ben Dupuy. En réussissant à mobiliser tous ces paysans pour cette manifestation le 1er mai dernier, avec pour leitmotiv les principales revendications du peuple haïtien, telles que la justice en passant par la réforme agraire, le PPN représente donc, face aux vendus du pouvoir et de la Convergence, incontestablement l'alternative du peuple haïtien. Un peuple qui a tant pâti des promesses non-tenues des autorités qui se sont succédées au timon des affaires publiques. Il est venu le temps où le discours démagogique doit céder sa place à la satisfaction des besoins pressants des masses. «Dans les semaines à venir, nous mobiliserons le peuple dans toutes les 365 communes du pays et surtout dans la paysannerie. Nous ne céderons pas aux pressions. Nous ne recevrons pas d'ordre de petits chefs et de seigneurs de la guerre» a conclu Ben Dupuy, secrétaire général du PPN.
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