1 Mai  2002

May 1, 2002

1 Me  2002
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Vol.20,No.7 Piblisite / Abonment
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Les fortes averses qui se sont abattues sur Port-au-Prince et ses environs, dans la nuit du 24 avril, ont causé d'énormes dégâts et mis à nu l'insignifiance des infrastructures dans le pays. Il a suffi de deux heures de pluie pour que la capitale soit complètement inondée. A l'aube du 25 avril, les rues de Port-au-Prince offraient un spectacle horrifiant à tous ceux qui devaient reprendre leurs activités. A Fontamara et à Martissant, des tonnes de boue et d'alluvions se sont déversées sur la route nationale numéro 2, paralysant la circulation automobile et même piétonne pendant une bonne partie de la journée. La majeure partie des habitants de Carrefour et des zones environnantes qui devaient se rendre au centre-ville ont dû rebrousser chemin; d'autres ont dû payer environ 10 gourdes pour se faire porter par des passeurs aux endroits impraticables remplis de boue. La furie des eaux n'a pas non plus épargné les quartiers de Canapé-vert, La Saline, Cité Soleil, Varreux, Laboule, Thomassin, Fermathe, etc.

Les responsables du bureau de la protection civile ont annoncé que quatre personnes avaient trouvé la mort, dont une dénommée Claudane Balthazar à «Dezèmit» au haut du Canapé-vert et une autre, Jeanine Déjoie, veuve et mère de 4 enfants, à Pélerin. Les deux autres personnes ont perdu la vie à Martissant. La directrice de la Protection civile, Yolène Suréna, a aussi indiqué que plus de 150 familles sont sinistrées à la suite de ces inondations et elle a annoncé que des mesures allaient être adoptées afin d'assister les familles des quatre victimes et les sinistrés en général. «Les actions du service de la protection civile toucheront également le département du Nord où des dégâts considérables ont été enregistrés» a en outre précisé le docteur Suréna.

Les autorités ont annoncé la mise en place d'une structure dénommée Unité d'intervention d'urgence dont la mission est d'intervenir dans les zones affectées par les averses. Une nouvelle dénomination pour un service qui aurait pu fonctionner sous l'égide de la Protection civile. Mais l'essentiel c'est qu'on a pu remarquer dans certains quartiers des machines du Centre national des équipements (CNE) mises en service pour tenter de libérer les principales artères.

Pour sa part, le Premier ministre Yvon Neptune a adressé ses sympathies aux victimes, et les a assurés de sa solidarité et de sa compréhension. Ainsi, il a indiqué que des instructions ont été passées à tous les ministères et services pour qu'ils prennent toutes les dispositions aux fins d'apporter une réponse immédiate aux dégâts causés par ces averses, tant au niveau du déblayage des rues et des canaux qu'à celui de la mise en place des secours. «La primature continue de planifier des moyens non seulement pour aider la population à faire face à ces difficultés mais surtout pour s'attaquer aux causes qui engendrent leur multiplication» a dit le chef du gouvernement qui pourra juger de lui-même des progrès dans la mise en place de ces «moyens» lors des prochaines averses.

Parallèlement, le lundi 29 avril, des barricades de pneus enflammés ont été érigées à plusieurs endroits de la capitale, spécialement à Solino, à Nazon, à l'avenue Pouplard, à Fontamara et à Martissant, supposément en protestation à l'état déplorable des routes qui s'est empiré suite aux pluies diluviennes du 24 avril. Les auteurs de ces mouvements, qui seraient des membres d'organisations populaires pro-Lavalas, ont réclamé la présence physique du président Aristide dans leurs quartiers respectifs pour répondre à leurs revendications. L'atmosphère était assez tendu à Martissant. Des tirs d'armes automatiques ont été entendus, tôt dans la matinée. De nombreux usagers de la route nationale numéro 2 ont dû rebrousser chemin pour ne pas s'exposer aux jets de pierres. Il a fallu l'intervention des agents des unités spéciales de la police avec les gaz lacrymogènes pour ramener par moments le calme. Un adolescent de 12 ans, Marc Arthur Alexandre, a été atteint mortellement de deux balles au cours de ces événements à Martissant et deux autres personnes auraient été blessées, dont l'une grièvement atteinte. Les membres d'OP du quartier de Solino, de leur côté, ont dénoncé les conditions difficiles qu'ils connaissent. Ils ont demandé au chef de l'État d'honorer les promesses faites à leur endroit tout en réclamant leur intégration dans l'administration publique. Ces protestataires ont, par ailleurs, mis en garde les membres de la Convergence au cas où ces derniers voudraient donner une connotation politique à leur mouvement. «C'est une bataille mettant aux prises des enfants contre leur père», ont-ils indiqué.

Par ailleurs, le bureau de la Chambre des députés, dans une note de presse portant la signature de son président, Rudy Hériveaux, a condamné les violences enregistrées au cours de la journée du 29 avril et tous ceux qui, sous couvert de revendications populaires, sèment le trouble dans le pays aux fins de déstabiliser le pouvoir Lavalas. Notons qu'en la circonstance des députés de la 47e législature, Ramélus Bolivar des Côtes-de-Fer et celui des Cayes ont été agressés à Martissant, quoique (ou parce que?) circulant à bord d'un véhicule d'immatriculation officielle.

Ces nouveaux événements viennent s'ajouter au paysage dévasté par les éléments. Les dirigeants au pouvoir devraient se rendre compte de l'urgence de répondre aux aspirations populaires, au lieu de s'adonner exclusivement à plaire à la communauté internationale pour qui les revendications populaires n'ont absolument aucune valeur.