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17 Avril  2002 April 17, 2002 17 Avril  2002 |
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| La justice, l'une des principales revendications du peuple haïtien depuis le départ
des Duvalier en 1986 occupe toujours au premier plan: de la volonté exprimée par les autorités Lavalas à réformer
le système judiciaire aux revendications sans cesse non satisfaites de victimes. Entre-temps, les dossiers et les
affaires s'accumulent. Plusieurs décisions prises par les autorités créent en effet davantage de problèmes qu'elles
n'apportent de solution. Notamment dans le dossier de l'enquête sur l'assassinat de Jean Dominique et de Jean-Claude
Louissaint et le «rebondissement» de l'affaire impliquant l'ex-général Prosper Avril.
Suite à la décision du chef de l'État de renouveler, au début du mois d'avril, le mandat du juge d'instruction Claudy Gassant qui avait pris fin le 4 janvier dernier, le juge d'instruction Josiard Agnant s'est dessaisi du dossier Jean Dominique et Jean-Claude Louissaint auprès de la doyenne du tribunal civil de Port-au-Prince, Lise Pierre-Pierre. C'est le commissaire du gouvernement, Josué Pierre-Louis qui en a fait l'annonce le jeudi 11 avril. Le juge d'instruction Josiard Agnant a été, rappelons-le, chargé par de continuer l'enquête sur le double meurtre du 3 avril 2000 après l'expiration du mandat de Claudy Gassant. Le juge Agnant avait entendu, au cours de ses trois mois de service, plusieurs personnalités telles le sénateur Dany Toussaint. D'autre part, toujours le 11 avril, la doyenne Lise Pierre-Pierre a confirmé sa décision d'attribuer à nouveau le dossier Jean Dominique au juge Gassant. Ces décisions ont été adoptées à un moment où le juge Gassant mettait en question la procédure à employer pour dessaisir le juge Agnant du dossier et le lui restituer, comme nous en faisions état dans nos deux précédentes éditions. A ce stade, il y a lieu de se demander quelle sera désormais la position de Gassant maintenant que le juge Agnant s'est dessaisi lui-même du dossier et que ce dernier lui a été réattribué par le doyen Lise Pierre-Pierre? Il reste maintenant la question de la sécurité du juge Gassant à garantir véritablement, si toutefois il accepterait le dossier. Rappelons que le sénateur Dany Toussaint avait exprimé son refus de comparaître devant le juge Gassant avec ou sans immunité parlementaire. Par ailleurs, les juges de la Cour d'appel ont rendu le 14 avril un arrêt favorable à l'élargissement de Prosper Avril. Cette décision de la Cour d'appel vient après que l'ex-général président Avril ait exercé un recours, débattu au cours de la séance tenue le 14 mars dernier, contre une ordonnance de renvoi au tribunal criminel rendue par le magistrat instructeur Agnant le 21 janvier 2002. Rappelons que Prosper Avril a été arrêté le 26 mai 2001 à Pétionville au moment de la vente signature de son ouvrage «Livre noir sur l'insécurité en Haïti» dans un restaurant. L'ex-général président était accusé de complot contre la sûreté intérieure de l'Etat et de tortures , coups et blessures, durant sa présidence sur la personne de Marino Etienne, Jean Auguste Mesyeux, Gérard Emile Brun, Evans Paul et Serges Gilles. Ces deux derniers qui sont membres de l'alliance macouto-bourgeoise, la Convergence, avaient donné leur pardon à Prosper Avril et laissaient tomber leur plainte. Est-ce sur cette base que la justice a classé ce dossier? Car si l'on peut laisser tomber une cause au civil par abandon des plaignants, il appartient au Ministère public, à l'État de faire comparaître au criminel l'individu inculpé pour des crimes relevant de cette instance. D'autant plus que Marino Etienne a clairement affiché sa farouche détermination à ce que justice lui soit rendue contre Avril, les juges de la Cour d'appel ont plutôt choisi de classer le dossier faisant fi revendications de la victime. Une telle décision ne peut que soulever non seulement de l'indignation mais davantage de questions sur le fonctionnement de la justice et le rôle que jouent les juges. Comme de fait, un nouvel événement allait aussitôt illustrer cela. Dans l'après midi du lundi 15 avril, alors que Prosper Avril accompagné de deux de ses avocats, Rigaud Duplan et Reynold Georges, s'apprêtait à franchir la barrière du Pénitencier national, après avoir reçu vers les 4 heures de l'après-midi son ordre de libération signé par le commissaire du gouvernement, il était de nouveau arrêté par des agents de la Swat Team. Selon Rigaud Duplan l'ex-général aurait été arrêté dans le cadre de l'enquête ouverte sur le massacre de Piatre. Duplan a précisé que la copie d'un document a été remise par les policiers pour justifier l'arrestation. Ce document signé par Me Kesner, juge d'instruction de St-Marc, indique que Prosper Avril serait interpellé dans le cadre du massacre de Piatre perpétré en 1990, ainsi que d'autres personnes telles que Olivier Nadal, Ulysse François, Henry Robert Augustin. De son côté, le commissaire du gouvernement Josué Pierre-Louis a indiqué n'avoir aucune responsabilité dans cette arrestation, donc il ne serait pas au courant. Il a soutenu que le juge d'instruction de Saint-Marc ne peut pas interpeller une personne qui se trouve dans une autre juridiction sans se référer à l'instance locale. Un cas encore une fois tout à fait curieux encore une fois, ou bien les autorités prétendraient-elles réparer un jugement d'opérette par une illégalité pour faire justice? Autrement dit est-ce pour éviter le scandale de la libération d'Avril à la suite d'un jugement d'opérette, en guise de compensation, qu'on le réincarcèrerait aussitôt pour satisfaire l'opinion publique? Bien entendu, on n'en saura pas plus, la transparence prônée par le mouvement Lavalas s'étant noyée depuis longtemps dans les eaux boueuses du régime Lavalas |
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