17 Avril  2002

April 17, 2002

17 Avril  2002
Publicité / Abonnements
Advertising / Subscriptions
Vol.20,No.5 Piblisite / Abonment
  Contactez nous:
editor@haitiprogres.com











Lafanmi et la Convergence agrippés à «leur» tutelle!

La mission de l'OEA arrivée en Haïti le lundi 8 avril dernier pour enquêter sur les événements du 17 décembre 2001, en est à sa deuxième et dernière semaine de travail, selon l'accord entre l'OEA et le gouvernement signé par le ministre des Affaires Etrangères Joseph Philippe Antonio.

Les membres de la mission ont d'abord rencontré au Palais national le président Aristide le 9 avril. Intervenant sur cette question lors d'une rencontre avec les syndicalistes au Palais le 11 avril, le président Aristide s'est montré confiant et très satisfait de lui-même et surtout très optimiste: «Tout ce que je fais est bien et je dois continuer. Si après un an en prison, il vous reste un jour, il ne faut pas perdre patience. Tout ce que je fais est bien, il faut continuer à supporter la mission de l'OEA»... Les envoyés de l'OEA doivent avoir une opinion pareille de leurs propres accomplissements?

Les juristes étrangers ont ensuite rencontré la Convergence qui s'est aussitôt dite satisfaite des entretiens avec eux. Osner Févry qui intervenait comme conseiller juridique de la Convergence a déclaré qu'ils ont remis des documents qui retracent avec consistance les faits qui ont eu lieu le 17 décembre dans lesquels ont été victimes les partis et dirigeants de la Convergence. «Nous sommes satisfaits de la rencontre que nous avons eue avec les trois juristes internationaux de l'OEA pour mener une enquête sur les événements du 17 décembre» a indiqué Févry. Evans Paul, patron de la KID, de son côté a déclaré qu'il allait porter plainte contre le régime Lavalas pour toutes les violations des droits dont sont victimes les membres de la KID et de l'opposition. Micha Gaillard, quant à lui, a accusé le président Aristide de minimiser l'importance des travaux de la commission. «Bon, M. Jean-Bertrand Aristide multiplie les différentes déclarations afin de minimiser l'importance de la mission spéciale de l'OEA en Haïti. Cette mission rappelle énormément celle que nous avions eu pendant le coup d'Etat militaire afin d'ouvrir l'espace démocratique», a encore gémi Gaillard.

A bien comprendre ces diverses déclarations, il faut admettre que Lafanmi et la Convergence sont en compétition pour avoir les faveurs du «Blanc» et acceptent comme allant de soi la tutelle qui se renforce à chaque avancée de la mission de l'OEA.

«L'actuel mission qui est là, les trois experts, font leur travail correctement et je crois, l'OEA l'a déjà dit, que le gouvernement haïtien fait de son mieux pour que les choses puissent se dérouler de la meilleure façon possible. Donc les prochaines missions, nous les attendons, nous travaillons avec l'OEA pour les accueillir et surtout qu'elles puissent faire leur travail dans la plus parfaite autonomie possible», a affirmé le ministre des Affaires étrangères Joseph Antonio qui a qualifié de positif le travail de la mission dans le pays.

En se référant au texte de cet accord de base et aux documents additionnels qui font corps avec lui, l'idée d'une mise sous tutelle se précise a chaque ligne. Il est établi, dans le texte élaboré par le Secrétariat général de l'OEA, que les travaux de la mission comprendront les volets suivants: sécurité; justice; droits de l'homme; évolution démocratique, gouvernance et renforcement des institutions. Sur cette base est construite toutes les ingérences possibles et imaginables: réformer, réorganiser et recomposer la force de police; formuler les recommandations portant sur la comptabilité financière publique, les pratiques de gestion financière et les normes de conduite dans l'administration publique; formuler des recommandations au sujet de la décentralisation de l'administration publique avec référence spécifique à l'équilibre des pouvoirs entre les administrations centrale et locale. Sans mentionner les privilèges et immunités dont jouissent ces «nouveaux gouverneurs et intendants». Autrement dit des pouvoirs régaliens lui est accordée à cette mission. Mais aux acteurs de la «crise», peu leur importe; l'essentiel c'est d'avoir, des deux côtés, des rencontres qui leur donnent la «satisfaction»...

Bien que tout se déroule au-dessus de la Constitution de 1987, qui stipule en son article 139 que le président de la République négocie et signe tous traités, conventions et accords internationaux et les soumet à la ratification de l'Assemblée nationale, le ministre Antonio a quand même marmotté que «rien ne se fait en dehors des lois haïtiennes», même si le Parlement est maintenu en dehors de tout!