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Quelles perspectives... pour Yvon 
Neptune, Premier ministre désigné? 
Après une semaine, la rumeur s'est avérée, et le lundi 4 mars, on apprenait qu'Yvon Neptune, le numéro 2 du Parti Fanmi Lavalas était désigné par le président Aristide pour remplacer le Premier ministre démissionnaire Jean-Marie Chérestal.

Neptune ne devrait pas avoir vraiment de difficultés au niveau du Parlement à se faire ratifier, à l'instar de son prédécesseur, puisque son parti domine les deux Chambres. D'ailleurs son choix aura été unanimement et vivement accepté par les cadres de Fanmi Lavalas, suivant ce que disait le nouveau président de la Chambre basse après la réunion du lundi 4 mars au Palais national. Le principal intéressé se voit d'ailleurs déjà à l'oeuvre, puisqu'aussitôt après sa désignation officielle il annonçait: 'Nous allons continuer, de concert avec le président de la République à défendre les intérêts de la nation et de tous les Haïtiens et promouvoir les transformations politiques comme nous le faisons jusqu'à ce jour au Sénat de la République.'

Actuellement président du Sénat, Neptune est aussi le porte-parole intérimaire du Parti depuis l'investiture le 7 février 2001 du président Aristide, dont il a adopté certains traits de style avec des déclarations vagues et elliptiques, et des dénonciations conjoncturelles du 'laboratoire' -- désignation imagée en Haïti du complexe militaire, diplomatique, de renseignements et de déstabilisation de Washington. Mais à part ces éclats il ne s'est pas vraiment mouillé, dénotant même une attitude pour le moins équivoque et 'fuyante' sur la question de la levée de l'immunité du sénateur Dany Toussaint dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Jean Dominique et de Jean-Claude Louissaint. 

Un bref historique du Premier ministre désigné en attendant de le voir à la tâche: il est né le 8 novembre 1946 dans la ville de Cavaillon, dans le département du Sud, non loin des Cayes. Au cours des années 70, il étudia l'architecture à Paris et à New York où il travailla jusque dans les années 90 dans une société de construction tout en se joignant aux groupes progressistes de la communauté haïtienne new-yorkaise. 

C'est à la suite du coup d'État qu'il regagnait Haïti avec le président Aristide de retour d'exil, et dont il devenait le porte-parole à partir du 1er novembre 1994 jusqu'à la fin du premier mandat le 7 février 1996. Il prit alors activement part à la mise sur pied de Fanmi Lavalas qui fut officiellement lancé en tant que parti politique au mois de novembre 1996. 

Aux élections du 21 mai 2000 il fut élu deuxième sénateur sous la bannière de ce parti pour le département de l'Ouest.

Comme on le sait bien, il est actuellement le président du Sénat, et à ce titre il ne s'est pas particulièrement signalé, ce dont il ne serait pas entièrement responsable vu la cacophonie qui règne dans cette Chambre.

Évidemment on ne pouvait attendre de l'opposition un accueil favorable, et Paul Denis de l'OPL/Convergence, se regardant sans doute dans le miroir, se portait instinctivement à l'attaque pour crier: 'Le fait qu'Aristide ait choisi cet intransigeant comme son Premier ministre, il se prépare à faire la guerre et non la paix.' Mais sans doute plus avisé, un de ses alliés de l'Initiative de la société civile, Rosny Desroches, se montrait plutôt avenant, 'confiant que le nouveau gouvernement réservera un bon accueil à la prochaine mission de l'OEA en Haïti'. En fait c'est exactement la principale question pour savoir quel sera le rôle exact de Neptune dans la nouvelle conjecture qui se dessine avec l'arrivée de cette mission pour laquelle le secrétaire général adjoint de l'OEA Luigi Einaudi venait justement dans l'intervalle de signer un accord en 'dix points' avec le ministre des Affaires étrangères Joseph Antonio (voir p. 6). Le 'parrainage' du nouveau Premier ministre par l'OEA le réduira-t-il à passer son temps à tenter de sauver les meubles dans une guérilla constante avec les représentants de l'Organisation qui pourrait occuper tout son temps' Ne révélait-il pas d'emblée les consignes en annonçant tout de go que 'le président s'est engagé publiquement à encourager la participation de tous au développement politique, économique et social de leur pays. Et les démarches vont se poursuivre en ce sens, pour essayer de convaincre ceux qui ont répondu jusqu'ici par la négative' et qu''il ferait appel à tous les secteurs du pays dans le cadre de la formation de la nouvelle équipe' Vieille rengaine déjà entendue qui pourrait présager l'ajout d'autres indésirables, néo-duvaliéristes et putschistes au sein d'un gouvernement qui en compte déjà suffisamment sinon trop. 
 

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