Haïti Progrès
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Les aléas d'une visite en 
République dominicaine

Finalement la visite deux fois remise du président Jean-Bertrand Aristide chez son homologue dominicain Hipolito Mejia devrait se matérialiser au début de la semaine prochaine. En fait la date n'est pas bien précise, puisqu'on situe ce séjour prévu pour 24 heures entre le 12 et le 15 janvier prochain. Mais jusqu'au lundi 7 janvier, le chancelier dominicain Hugo Tolentino Dipp avouait que la partie haïtienne n'avait point encore définitivement confirmé. 

Il est un fait que ce voyage du président haïtien ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices. Signalons par exemple que la visite prévue à l'origine pour le 15 décembre dernier avait été annulée, à l'initiative du président dominicain lui-même, si l'on en croit ce que disait ce dernier. Pur hasard ou décision judicieuse de Mejia?, mais deux jours après cette date, soit le 17 décembre, se produisait la tentative d'assassinat du président Aristide par un commando en provenance de la République dominicaine sous la direction de l'ex-commissaire Guy Philippe. Ce même Guy Philippe qui, après un bref séjour en Équateur, est revenu en République dominicaine sans vraiment éprouver de grandes difficultés, comme nous l'avons montré en manchette dans notre précédente édition. En fait il n'aura été mis «en résidence surveillée» qu'une semaine après et ce dans la demeure d'un de ses amis, un «homme d'affaires» haïtien habitant à Bonao, à 60 kilomètres au nord de Santo Domingo.

En principe sa présence dans ce pays n'est pas bien vue par les autorités haïtiennes à la veille de la visite du président Aristide. Le chancelier dominicain Tolentino Dipp, disait bien à la fin de la semaine dernière avoir entrepris des démarches auprès de trois pays, le Venezuela, le Nicaragua et le Costa Rica afin de pouvoir y envoyer Philippe qui «aurait lui-même suggéré ces destinations aux autorités» d'après le quotidien dominicain El Nacional du 4 janvier. Tolentino Dipp écartait toutefois toute extradition du conspirateur vers Haïti, d'autant plus, précisait-il, que la Chancellerie haïtienne n'en avait point fait la demande. En attendant le chargé d'Affaires haïtien à Santo Domingo, Edwin Paraison, tout en disant souhaiter que Guy Philippe soit renvoyé en Haïti pour comparaître devant les tribunaux, concédait que «de toutes façons Haïti respectera la décision finale qu'adoptera le gouvernement dominicain». C'est tout dire!

Il est assez curieux, entre autres, qu'à aucun moment aucun des intéressés n'ait mentionné la possibilité du départ vers les Etats-Unis de Philippe, alors que plusieurs des complices de celui-ci, dont on a peu parlé, ont pu regagner sans encombre Miami. C'est à se demander pourquoi Santo Domingo tient-il à ce point à le garder sur son territoire? Et pourquoi donc le président Aristide doit-il s'y rendre à tout prix en de pareilles circonstances? Dire que c'est pour rompre l'isolement du régime haïtien n'est pas suffisant pour expliquer cette démarche, cette brève visite de 24 heures.

Tolentino Dipp a renouvelé que toutes les dispositions seront prises pour assurer la sécurité du Président haïtien. Un officier des Renseignements prétendait même ce mardi 8 janvier que Philippe se trouvait à la Secrétairerie des Forces armées sur instruction du président Mejia». Et le chargé d'Affaires Edwin Paraison renchérissait, disant que «le cas Guy Philippe en aucune manière ne pourra faire avorter la visite du Président» (Ultima Hora, 8-01-02). Surtout, d'après lui, que des fonctionnaires des deux pays en étaient à rédiger la Déclaration conjointe qui devra sortir de l'éventuelle rencontre des présidents Aristide et Mejia...

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